Le rectorat d'Aix-Marseille a publié le 16 octobre 2026 son nouveau bulletin académique spécial retraite n° 569. Il intègre les effets de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Le SE-Unsa fait le point.
Ce qui est favorable pour les agents
- La suspension de la réforme de 2023 gèle l’âge légal de départ et la durée d’assurance pour les générations 1964 à 1968. Les fonctionnaires de catégorie active sont aussi concernés.
- Une bonification est créée pour les mères fonctionnaires : 1 trimestre par enfant né depuis 2004 et après le recrutement, qui compte dans le taux de pension, pour les départs depuis le 1er septembre 2026.
- Le maintien en fonction jusqu'à la fin de l'année scolaire est amélioré. Déjà accessible à la majorité des agents, il s'ouvre aux personnels de direction. Surtout, un échelon obtenu pendant ce maintien compte désormais dans le calcul de la pension (sous réserve de la règle des 6 mois).
- La retraite progressive dès 60 ans (voir focus plus bas).
- Le rachat des années d'études élargi. Depuis le 1er janvier 2026, il est possible jusqu'à 67 ans, pour 12 trimestres d'études supérieures diplômantes au maximum. Il permet d'augmenter la pension, de réduire la décote, ou les deux. Si c’est une bonne chose qu'il existe et qu'il s'élargisse, il reste très cher et rarement rentable : à 60 ans, un trimestre coûte entre 10 % et 30 % du traitement brut annuel selon l'option choisie. Deux précisions importantes : les trimestres rachetés ne comptent pas pour les départs anticipés. Et il existe un tarif réduit, limité à 4 trimestres, ouvert jusqu'au 31 décembre de l'année des 40 ans.
L'avis du SE-Unsa : Plusieurs de ces avancées font suite à des revendications du SE-Unsa : la retraite progressive dès 60 ans, et accessible à tous, revendication historique de l'Unsa ; la suspension de la réforme de 2023, une demi-victoire face à une réforme que nous avons combattue ; la prise en compte de l'échelon pendant le maintien en fonction, conforme à notre exigence d'une pension qui reconnaisse tout le parcours professionnel. Le trimestre pour les mères n'est qu'un premier pas pour la prise en compte des situations familiales.
Ce qui pénalise ou reste défavorable
- Une suspension, pas une abrogation. Le calendrier de 2023 reprend avec une génération de décalage : 172 trimestres dès la génération 1966, 64 ans pour la génération 1969.
- Le cumul emploi-retraite se durcit fortement en 2027 (voir ci-dessous).
- Une mesure pour les mères très en deçà du privé : un trimestre par enfant contre huit pour les salariés du privé, et avec un cadrage restrictif (date, mode d’arrivée au foyer, métier).
- Une retraite progressive plus encadrée : toute activité accessoire l'interdit. Tout changement non signalé entraînera la récupération des sommes versées à tort.
L'avis du SE-Unsa : Une suspension ne suffit pas. Le SE-Unsa continue de revendiquer l'ouverture des droits à 62 ans (57 ans pour les actifs), la suppression de la décote et la reconnaissance de la pénibilité de nos métiers. Il réclame aussi des droits familiaux à hauteur de ceux du privé, avec une majoration forfaitaire dès le premier enfant.
Et pour la retraite progressive ?
Dès 60 ans et avec 150 trimestres, elle permet de travailler à temps partiel (entre 50 % et 90 %, hors temps partiel thérapeutique) tout en percevant une partie de sa pension. L'activité doit être exercée exclusivement pour l'État, et toutes les pensions de base sont liquidées provisoirement. La demande se fait au moins 8 mois à l'avance. Le dispositif ne peut être activé qu'une seule fois.
Attention au temps partiel : sur autorisation, il reste soumis aux nécessités de service et il est souvent difficile à obtenir pour les enseignants ; un refus ferme l'accès à la retraite progressive. À l'inverse, la grande majorité des AESH et des AED, à temps incomplet, remplissent déjà cette condition : beaucoup peuvent en bénéficier sans le savoir.
Attention à la surcotisation : lors de la demande de temps partiel, il est proposé aux agents d’opter pour la surcotisation (part employé + part employeur). Cette mesure est très onéreuse et peu rentable. Il faut simuler le coût et le bénéfice avant de faire son choix.
L'avis du SE-Unsa : La retraite progressive dès 60 ans est une victoire pour l'Unsa, qui la revendiquait de longue date. Reste à obtenir qu'elle soit accordée à tous les agents qui la demandent : nous militons pour que le temps partiel soit octroyé à tout agent qui en formule la demande.
Focus : cumul emploi-retraite
La date d'effet de la première pension décide de tout. Au plus tard le 1er décembre 2026, les règles actuelles s'appliquent à vie ; à partir du 1er janvier 2027, ce sont les nouvelles, fixées par l'article 102 de la loi.
| Situation | Pension prenant effet jusqu'au 1er décembre 2026 | Pension prenant effet à partir du 1er janvier 2027 |
|---|---|---|
| Départ anticipé, avant l'âge légal | Cumul plafonné (8 198,10 € + 1/3 de la pension brute annuelle) | Revenus d'activité déduits en totalité de la pension |
| Entre l'âge légal et 67 ans | Cumul intégral si taux plein, sinon plafonné + acquisition nouveaux droits | Cumul jusqu'à 7 000 € brut par an, puis pension réduite de 50 % du dépassement |
| À partir de 67 ans | Cumul intégral + acquisition nouveaux droits | Cumul intégral + acquisition nouveaux droits |
Les pensions d'invalidité et de réversion ne sont pas concernées, et le seuil de 7 000 € attend encore son décret. Un collègue qui envisage de retravailler une fois à la retraite doit être vigilant : vacations, remplacements ou corrections d'examens après un départ en 2027 peuvent donc coûter cher.
Nos conseils
- Vérifier les informations sur son compte retraite / ENSAP.
- Vérifier les conditions : seul le SRE valide une carrière longue ou un départ au titre du handicap.
- Choisir sa date d'effet en pensant au cumul emploi-retraite.
- Simuler ses droits à pension.
Nos mandats : ce que nous revendiquons encore
- La suppression de la décote, avec la reconnaissance de la pénibilité de nos métiers.
- Une pension de 75 % du traitement des six derniers mois, avec un traitement indiciaire au centre de la rémunération.
- Des droits familiaux à hauteur de ceux du privé et une majoration forfaitaire dès le premier enfant.
- La défense de la répartition et de la garantie des pensions par l'État, ainsi qu’une réversion étendue aux couples pacsés.
- Pour les retraités : un minimum de pension au niveau du Smic, une revalorisation annuelle au moins égale à l'inflation et une loi sur le grand âge et l'autonomie.